Conversations avec des objets

ActivistChildCare participe avec Feminist Webs à des conversations matérialisées autour du travail social radical et autonome.

« Feminist Webs est un espace de travail pour les femmes et les filles qui agit comme une archive et une ressource pour les professionnel.le.s, les bénévoles et les usagèr.e.s concerné.e.s par le travail social de jeunesse et le travail social communautaire avec des femmes. Nous favorisons le travail social qui encourage la participation et qui part du point de vue des droits et des expériences des femmes. Nous nous appliquons à travailler de manière intergénérationnelle dans tous nos projets, et parmi nous il y a des personnes de toute ethnie, sexualité, classe, croyance, des académiques, des praticiens, des personnes de partout qui veulent un meilleur monde pour les femmes. » (traduction auteure, du site feministwebs.com)

Le 23 mars, au Musée de l’histoire du peuple de Manchester se déroulera une rencontre intitulée « Générations d’activisme- 1918-1978-2018 ». Les buts sont de s’arrêter sur les convergences et les divergences entre différentes formes d’activisme et de travail social de jeunesse. Feminist Webs tient également des archives au Musée de l’histoire du peuple de Manchester qui sont une richesse incroyable, de zines et autres publications autonomes depuis les années 70. Les archives se veulent être une mémoire vivante du travail autonome des femmes et filles, permettant un dialogue, parfois difficile mais toujours contructif entre des générations de travailleuses sociales qui font face à des réalités structurelles très différentes.

 

L’initiative vient du nord de l’Angleterre, mais il y a une volonté également de dialoguer au niveau international, étant donné que le néolibéralisme a détruit et continue à détruire des traditions de travail social autonome et radical partout en Europe et il est important d’échanger autour des pratiques résistantes afin de se renforcer mutuellement.

Or, ce colloque se tient à Manchester et en anglais et nous avons donc mené une réflexion collective sur comment tenir ces conversations sans qu’elles ne soient réstreintes à nous qui puissions être physiquement présentes, anglophones, académiques et praticiennes pour la plupart. De plus, les conversations verbales de type colloque sont traversées par des dominations de tous types qui se manifestent dans des temps de parole et des écoutes différenciés. La parole n’est pas facile pour tou-te-s ni même possible pour tou-te-s. Nous lançons une conversation matérialisée participative. Avant d’expliciter le concept, regardez autour de vous. Vous êtes peut-être seul-e, mais vous êtes entouré-e de choses, d’objets. Ces objets sont pour nous tantôt invisibles, tantôt incontournables, mais nous dialoguons avec eux. Ils portent une fonction, une histoire, une production, une accessibilité, une nécessité… J’écris dans mon lit, à côté de moi se trouve ma guitare, qui a un sens pour moi; ce qu’elle signifie pour moi n’est pas ce qu’elle signifiera pour un-e professionnel-le, pour un-e sourd-e, pour quelqu’un-e qui n’a pas dix doigts… Je vois aussi mes cigarettes, qui signifient une addiction: elles me parlent, elles me disent « prends un pause », elles me mentent. A côté de mes cigarettes se trouve un soutien-gorge, qui a sensiblement changé de forme à travers l’histoire et qui porte des normes relatives à mon corps… tous ces objets disent des choses, ils me parlent de mes privilèges, de mes difficultés, de mon statut. Que se passera-t-il si nous collectivisons ces sens, si nous les confrontons l’un à l’autre?

Le projet se déroule de la manière suivante:

  • des boîtes vides pré-timbrées sont envoyées ou amenées à des endroits où vivent des femmes et des autres personnes marginalisées. Des personnes qui le souhaitent peuvent mettre un ou des objets dans la boîte qui sont significatifs pour elles et spécificer si elles veulent les récupérer ou non; les objets sont envoyés à d’autres lieux, où ils servent de base pour une conversation qui se matérialise également, soit via un record écrit ou autre de cette discussion soit via une modification de l’objet même.
  • les objets continuent à circuler et tout.e participant.e qui le souhaite peut également commenter le processus afin de l’améliorer.
  • les objets et toute matérialisation du processus serviront de base à la discussion au colloque, et cette discussion sera rendue accessible aux participant.e.s par la suite.

Pour accomplir ce projet, nous avons besoin de vous, travailleuses et travailleurs sociales, infirmièr-e-s, coachs, usagèr-e-s, bénévoles, curieuses et curieux, afin d’inclure un maximum de monde dans cette conversation!

Le jeudi 18 janvier au Space, rue de la Clé 26 à Bruxelles, venez discuter avec nous, et amenez un objet qui ait du sens pour vous dont nous pourrons discuter, vos bonnes idées ou simplement votre curiosité. Ouvert à tou-te-s.

Event: https://www.facebook.com/events/959586077550251/

Le colloque (ouvert à tou-te-s également): https://www.facebook.com/generationsofactivism/

 

 

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