Charte

Cette charte concerne la bonne conduite au sein de l’assemblée qui conditionne le statut de membre. Les activités et accompagnements d’enfants seront régis par un règlement à proprement parler, distinct de celui-ci.

Tout.e membre devra respecter l’esprit de l’association, tel que décrit dans notre déclaration de mission.

ActivistChildCare a pour buts l’amélioration de l’inclusivité dans les collectifs militants et la promotion du respect des enfants et des adultes qui s’en chargent. Si nous ciblons spécifiquement les barrières à la participation politique qui peuvent résulter de la parentalité, nous veillerons à maximiser autant que possible l’accessibilité de nos réunions et événements pour tou.te.s.: accessibilité, au sens logistique, bien-sûr (choix de l’heure et du lieu), mais aussi dans un sens plus large, via un travail de la perception de l’accessibilité et via une attention portée au bien-être des participant.e.s. Aucune parole ni aucun geste raciste, âgiste, sexiste, transphobe, grossophobe, cis-sexiste, validiste, homophobe, classiste, ou appuyant d’autres relations de pouvoir ne sera accepté. Une attention particulière sera portée à l’adultisme, c’est-à-dire à des discours ou gestes qui refusent aux enfants le statut de citoyen.ne et d’individu ou qui lui refusent l’accès aux espaces publiques. Par ailleurs, tout discours autour de la reproduction ou de la parentalité sera résolument pro-CHOIX. Les femmes qui choisissent de ne pas avoir d’enfants comme celles qui choisissent d’en avoir seront libres de toute injonction au sein de notre collectif. Toute expression d’injonctions aux femmes, quelles qu’elles soient, est un motif d’exclusion. Toute stigmatisation des choix familiaux (monoparentalité, mères ado, homoparentalité) l’est également. Par ailleurs, les violences ou négligences parentales seront discutées dans une perspective sociologique et structurelle et non pas dans une perspective de stigmatisation de l’individu. L’élitisme académique, qui pointe malheureusement trop souvent son nez dans les milieux militants, ne sera pas toléré; nous pouvons nous informer d’un bagage académique, mais une place importante est également accordée à l’expression d’expériences et de vérités autre qu’académiques. Plus largement, le respect, et même l’amour, au sens militant, de tou.te.s doit primer. A cette fin, les réunions seront conduites dans le respect des règles suivantes:

-L’exclusion de la participation politique s’opère à la fois par des barrières visibles, et par des barrières invisibles, mais non moins réelles. Des personnes qui n’ont jamais eu l’occasion de faire valoir leur parole de manière publique peuvent avoir des difficultés à ce faire. Il est essentiel donc de penser dans nos réunions à ces inégalités d’accès à la parole. Pendant celles-ci, aucun.e participant.e ne pourra donc monopoliser la parole. Une modératrice ou un modérateur sera nommé.e à chaque réunion pour veiller à une distribution égalitaire de la parole. Le non-respect de la parole de l’autre est un motif potentiel d’exclusion. Nul.le n’est obligé.e de parler, mais entre une discussion et une décision, la parole sera donnée à chacun.e. Dans le même esprit, nous expérimenterons avec la notion de consensus. Sachant qu’il ne suffit pas de le vouloir pour pouvoir procéder de la sorte, nous ne viserons pas la perfection, mais garderons en tête  des prises de décision réellement consensuelles comme modèle vers lequel tendre.

-Nous nous organisons pour des causes spécifiques, mais principalement pour ouvrir des voies à l’organisation politique pour celles et ceux qui n’y ont pas accès. Nos réunions ne sont donc pas de simples véhicules, mais une partie intégrante du processus. Nous voulons en faire des incubateurs non seulement de nos événements et actions, liés à la parentalité, mais aussi d’attitudes et de relations, entre nous, entre le soi et le collectif, entre le soi et le monde extérieur, qui porteront leurs fruits dans d’autres collectifs et contextes. A cette fin, nous tenterons de faire de « bonnes » réunions, au sens de Starhawk, et informons nos réunions de l’approche en cinq points qu’elle préconise[1]. Cette approche consiste à s’interroger sur les « bonnes personnes » (qui doit être présent.e ? Qui est concerné.e?) : l’AG est mixte, mais des réunions non-mixtes peuvent être organisées en fonction du thème traité; sur le « bon container » (lieu, heure, date) ; sur le « bon processus » ; sur la « bonne facilitation » ; et sur le « bon ordre du jour ». Concrètement, le consensus peut être favorisé en nous donnant le temps de discuter, dans un lieu confortable, et en faisant du côté social des réunions une partie intégrante de notre pratique.

-Si nous demandons l’inclusion des enfants dans les collectifs militants, c’est notamment parce que nous connaissons le manque de temps libre des parents. Chacun.e participera donc en fonction de ses possibilités ; si celles-ci sont limitées, cela ne pourra entraîner une perte de crédibilité ou de voix au sein de l’assemblée. Par ailleurs, les tâches ne pourront être allouées à quelqu’un.e qui ne se sent pas pleinement investi.e et aucune pression ne pourra être exercée sur un.e participant.e pour qu’elle accepte une charge. Nous espérons qu’en fonctionnant de la sorte, la personne qui se sera engagée pour accomplir une charge et qui se rend compte que ceci n’est pas possible se sentira libre de nous le signaler afin qu’elle puisse être redistribuée. Nos ressources seront limitées par les contraintes de temps, mais le burnout militant est une réalité à laquelle nous refusons de contribuer.

Ces règles constituent un squelette de bonnes pratiques, dont les modalités précises pourront être discutées collectivement et qui évoluera par son exercice, sur lequel nous espérons construire un mouvement porteur et égalitaire.

[1] http://starhawk.org/pdfs/Empowerment_Five-Fold-Path.pdf

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